Chirurgie du cancer des os chez l’enfant
La chirurgie est une intervention médicale visant à examiner, enlever ou réparer du tissu. La chirurgie, en tant que traitement du cancer, consiste à retirer la tumeur ou le tissu cancéreux du corps. La plupart des enfants atteints d’un cancer des os auront une chirurgie. Le type de chirurgie dépend surtout de la taille et de l’emplacement de la tumeur ainsi que de la propagation de la maladie.
Quand votre équipe de soins de vote enfant planifie la chirurgie, elle prend aussi en considération d’autres facteurs comme son âge et son état de santé global. Votre enfant peut avoir une chirurgie pour :
- qu’on fasse un prélèvement biopsique afin de confirmer un diagnostic de cancer des os;
- qu’on enlève la tumeur ou la plus grande partie possible de la tumeur;
- qu’on enlève des métastases pulmonaires (cancer qui s’est propagé à un poumon);
- qu’on reconstruise la région après que la tumeur ait été enlevée (reconstruction).
Les tumeurs qu’on peut enlever complètement par chirurgie sont dites résécables. Souvent, on peut retirer par chirurgie les tumeurs osseuses qui sont présentes dans un membre (bras, jambe, main ou pied).
Celles qu’on ne peut pas enlever complètement par chirurgie sont dites non résécables. Il est souvent impossible de retirer complètement les tumeurs osseuses au bassin (hanche), à la colonne vertébrale ou à la base du crâne, alors les médecins emploieront d’autres traitements en plus de la chirurgie.
On a recours aux types de chirurgie qui suivent pour traiter le cancer des os chez l’enfant.
Excision large@(headingTag)>
Dans le cas d’une excision large, le chirurgien enlève la tumeur osseuse et une petite quantité de tissu et d’os tout autour (marge chirurgicale). On envoie un échantillon de la marge chirurgicale au laboratoire de pathologie pour qu’il soit examiné. Si on n’observe aucune cellule cancéreuse dans la marge chirurgicale, on dit qu’elle est négative. S’il y a des cellules cancéreuses dans la marge chirurgicale, on dit qu’elle est positive et il faudra faire d’autres traitements.
Selon la quantité de tissu enlevée, le chirurgien de votre enfant devra peut-être reconstruire la région où l’os a été retiré. On le fait souvent en même temps que la chirurgie pratiquée pour enlever le cancer.
Les médecins peuvent employer d’autres termes qu’excision large, comme résection monobloc.
Chirurgie de conservation d’un membre@(headingTag)>
On pratique souvent une chirurgie de conservation d’un membre lorsque la tumeur osseuse est dans un membre. La chirurgie de conservation d’un membre consiste à enlever la tumeur sans retirer, ou amputer, tout le bras ou toute la jambe. Ce type de chirurgie est également appelé chirurgie de sauvetage d’un membre.
Lors d’une chirurgie de conservation d’un membre, le chirurgien fait une excision large pour enlever toute la tumeur et tous les tissus mous dans lesquels le cancer des os s’est propagé. Le chirurgien préserve ou protège les nerfs ou vaisseaux sanguins importants afin que le membre fonctionne aussi bien que possible après l’opération.
La chirurgie de conservation d’un membre n’est pas toujours possible pour les enfants qui ont une tumeur au bras ou à la jambe. Les chirurgiens peuvent faire une chirurgie de conservation d’un membre dans les cas suivants :
- la tumeur a bien répondu à la chimiothérapie;
- il y a suffisamment de peau et de tissus mous pour couvrir la plaie une fois que la tumeur aura été enlevée;
- le cancer ne s’est pas propagé à des artères, des veines ou des nerfs importants.
Il arrive que le cancer affaiblisse l’os et cause ainsi une fracture (fracture
pathologique). Si votre enfant a une
Techniques de reconstruction@(headingTag)>
Selon la quantité de tissus retirés, le chirurgien devra peut-être faire d’autres opérations pour remplacer l’os et reconstruire le membre. C’est ce qu’on appelle la reconstruction ou la chirurgie reconstructive. On la fait souvent en même temps que la chirurgie pratiquée pour enlever le cancer. Si on fait une excision large pour retirer une tumeur de petits os d’une côte, de la clavicule, de la jambe, du bras, de l’orteil ou du doigt, la reconstruction n’est habituellement pas nécessaire.
Les chirurgiens ont différentes options de reconstruction d’une partie du corps à l’aide d’os, d’autres tissus ou d’implants métalliques. Ils peuvent employer l’une des techniques de reconstruction qui suivent.
Le greffon osseux est un morceau d’os prélevé dans une autre partie du corps qui sert à reconstruire la région où l’os a été enlevé. Il permet de reconstruire la mâchoire, une jambe, un bras ou d’autres régions. On peut le prélever sur le corps de votre enfant (autogreffe) ou chez un donneur (allogreffe). Quand on a recours à l’allogreffe, le risque que le greffon osseux ne guérisse pas correctement (absence de consolidation) est plus élevé tout comme le risque d’infection.
L’endoprothèse est une prothèse interne ou un implant prothétique qu’on met dans la partie restante de l’os. Elle remplace les articulations qu’on a enlevées par chirurgie, comme celles du genou, de la hanche ou de l’épaule. Cela leur permet de bouger et de se plier. L’endoprothèse est habituellement faite de métal et de plastique. Il existe plusieurs types et différentes tailles d’endoprothèses. Certaines peuvent s’agrandir. Un enfant qui porte une endoprothèse pourrait avoir besoin d’une chirurgie tous les 6 à 12 mois pour allonger l’endoprothèse jusqu’à ce que son squelette ait fini de croître.
On peut avoir recours à l’arthrodèse (on parle parfois de soudure de l’articulation) quand la tumeur se trouve à l’intérieur ou près de l’articulation du genou ou de l’épaule. Le chirurgien enlève toute l’articulation et insère un implant métallique, comme une tige ou une plaque, dans les 2 extrémités restantes de l’os pour les joindre. Après la soudure, l’articulation ne bouge plus et le membre affecté doit compenser la perte de mobilité.
Guérison et réadaptation après une chirurgie de conservation d’un membre@(headingTag)>
Avoir un greffon osseux ou une endoprothèse signifie qu’il faut porter une orthèse ou un plâtre après la chirurgie pendant une longue période. L’orthèse ou le plâtre soutient le membre et en limite l’utilisation. Cela laisse du temps pour la guérison et pour que le greffon osseux ou l’endoprothèse s’unisse à la partie restante de l’os dans le membre.
Les enfants qui ont une chirurgie de conservation d’un membre ont besoin d’une réadaptation intensive et doivent prendre part à un programme de réadaptation afin d’être en mesure d’utiliser leur membre. Il faut jusqu’à un an pour réapprendre à marcher après une chirurgie de conservation d’une jambe.
Il est possible que les enfants ne puissent pas participer à certaines activités parce qu’un os ayant un greffon osseux ou une endoprothèse risque de ne pas être aussi fort qu’une articulation et un os normaux. Le greffon osseux peut facilement se fracturer s’il est frappé ou trop sollicité. L’équipe de soins de votre enfant vous expliquera ces risques et comment l’enfant peut protéger son os. D’autres chirurgies peuvent être nécessaires plus tard si le greffon osseux ou l’endoprothèse s’use ou s’endommage.
Amputation@(headingTag)>
L’amputation consiste à enlever, en partie ou en totalité, le bras ou la jambe où se trouve la tumeur. L’amputation est surtout nécessaire quand le cancer a envahi les nerfs ou les vaisseaux sanguins ou si la tumeur est tellement grosse qu’elle affecte tous les tissus mous qui l’entourent. Il est également possible de faire une amputation si le cancer des os est réapparu dans la même région après une chirurgie de conservation d’un membre.
L’avantage de l’amputation pour votre enfant est que sa guérison est moins longue que celle des autres types d’opération, comme la chirurgie de conservation d’un membre. D’autre part, il n’y a aucune restriction quant aux activités, surtout si l’enfant porte un membre artificiel. Votre enfant peut participer à des activités où il faut courir et à des sports de contact puisqu’il n’y a pas de risque d’endommager un greffon osseux ou une endoprothèse, qu’il aurait s’il avait eu une chirurgie de conservation d’un membre. Le port d’un membre artificiel (prothèse), le bouleversement causé par l’apparence du moignon et la douleur fantôme sont quelques-uns des désavantages de l’amputation.
Dans certains cas, il est possible de mettre à votre enfant ce qu’on appelle une prothèse (membre artificiel) provisoire pendant qu’il est encore anesthésié. Dans le cas d’une amputation de la jambe par exemple, on met un plâtre sur le moignon (partie restante du membre) en salle d’opération. Puis on y fixe une tige de base avec un pied artificiel. Quand l’enfant se réveille de l’anesthésie, s’il regarde vers le bas, il voit 2 pieds sous les couvertures. Un ou deux jours après la chirurgie, il peut se lever et commencer à marcher avec des béquilles. Cela lui remonte donc grandement le moral. Le plâtre aide à contrôler l’enflure du moignon et lui permet d’être prêt à recevoir la prothèse permanente plus rapidement. Après la chirurgie, de 3 à 4 semaines sont nécessaires pour que l’enflure s’atténue suffisamment pour qu’on ajuste une première fois la prothèse permanente.
Après la chirurgie, votre enfant aura besoin d’une réadaptation physique et fera de la physiothérapie. Une équipe de réadaptation le soutiendra dans son rétablissement. Elle lui montrera comment utiliser la prothèse et l’aidera à apprendre à marcher ou à bouger de nouveau. Les exercices visent habituellement à rendre le membre entier le plus fort possible et à renforcer la partie du membre amputé qui reste. De plus, ils empêchent les muscles de rétrécir. On discute habituellement des articulations et dispositifs spécialisés qui aident la prothèse permanente à fonctionner le plus naturellement possible une fois que votre enfant est complètement rétabli. Il faut 6 mois environ pour que l’enfant marche aisément après la chirurgie. Les adolescents qui sont actifs ont besoin d’une nouvelle jambe artificielle ou prothèse tous les 2 ans environ.
Après l’amputation, l’enfant peut quand même avoir une très belle qualité de vie. Il peut rester actif physiquement et reprendre presque toutes ses activités normales.
Plastie de rotation@(Model.HeadingTag)>
La plastie de rotation est une solution de rechange à l’amputation. On peut la faire quand la tumeur osseuse se trouve près du genou. Lors de cette intervention, on commence par enlever la tumeur osseuse de la partie qui entoure le genou en faisant une excision large. Ensuite, le chirurgien enlève la partie inférieure du membre et la fait pivoter à 180 degrés, de sorte que le pied soit tourné vers l’arrière, puis la fixe à l’os de la partie supérieure de la jambe. Plus tard, on peut fixer une prothèse (jambe artificielle) au membre reconstruit, l’articulation de la cheville qu’on a fait pivoter agissant alors comme nouvelle articulation du genou.
La seule exigence de la plastie de rotation est que le nerf sciatique, qui est le nerf principal de la jambe, ne se trouve pas près de la tumeur.
Si l’artère et la veine principales sont couvertes par la tumeur, on peut les couper et les enlever avec la tumeur. Après la rotation, on rattache l’artère et la veine principales. Quand votre enfant se réveille dans la salle de réveil, il peut habituellement remuer sa cheville et ses orteils.
Lorsque les tissus ont guéri, habituellement un mois plus tard environ, on fabrique une prothèse pour votre enfant. Le pied de votre enfant va dans un fourreau situé à l’intérieur de la prothèse. Lorsque le pied pousse vers le bas, il déplace la prothèse vers le haut puisque la cheville qu’on a fait pivoter, avec les orteils vers l’arrière, agit comme l’articulation du genou. Quand le pied et la cheville remontent, ils déplacent la prothèse vers le bas.
Une plastie de rotation est une bonne solution de rechange à une amputation au-dessus du genou si une grosse tumeur se trouve près du genou, parce que cette opération donne la même fonction qu’une amputation sous le genou, soit une meilleure fonction générale du membre.
Les avantages de la plastie de rotation comprennent ceux-ci :
- durabilité, car il n’y a rien qui pourrait s’user;
- aucune restriction quant aux activités et aux sports à impact élevé;
- un moins grand nombre d’opérations parce que la longueur de la prothèse peut être ajustée à mesure que votre enfant grandit.
De nombreuses études ont montré que les enfants qui ont eu une plastie de rotation ont une très belle qualité de vie.
Chirurgie des métastases@(headingTag)>
On a parfois recours à la chirurgie pour enlever le cancer des os qui s’est propagé aux poumons (métastases pulmonaires) ou à d’autres os (métastases osseuses). Le type de chirurgie qu’on peut proposer dépend des facteurs suivants :
-
le nombre de métastases (cancer qui s’est propagé à une autre partie du corps);
- la taille des métastases et leur emplacement;
- la proximité des métastases de vaisseaux sanguins importants ou de la moelle épinière;
- l’état de santé global de votre enfant;
- une chimiothérapie en cours.
Si la chirurgie est une option pour les métastases pulmonaires, les médecins ont souvent recours à la résection cunéiforme pour enlever la tumeur ainsi qu’un morceau de tissu du poumon en forme de triangle tout autour de celle-ci.
Choisir le type de chirurgie du cancer des os@(headingTag)>
Avant la chirurgie, votre enfant passera des examens (IRM, TDM ou TEP/TDM) afin qu’on évalue la tumeur. Ces examens révèlent aux médecins où se trouvent les bords de la tumeur, comment elle a répondu à la chimiothérapie administrée avant la chirurgie et si le cancer s’est propagé. Cela aide à planifier la chirurgie et les étapes suivantes du traitement. La taille de la tumeur et son emplacement sont essentiels pour planifier comment enlever complètement le cancer des os ainsi qu’une marge de tissu normal. Il pourrait être nécessaire d’enlever une plus grande quantité de tissus mous entourant l’os ou une articulation voisine de l’os atteint. Il est également possible qu’on doive reconstruire l’os ou l’articulation.
Pour les gros os du bras ou de la jambe, on fait souvent la reconstruction en même temps que la chirurgie pratiquée pour enlever le cancer. L’équipe de soins pourrait proposer différentes options, parmi lesquelles vous et votre enfant devrez choisir.
En pensant à ces options, il sera important de prendre les éléments suivants en considération :
-
âge de votre enfant, son mode de vie et son niveau d’activité;
- soins et soutien disponibles après la chirurgie;
- modification possible de l’image corporelle de votre enfant.
Il peut être utile de regarder des photos ou des vidéos de personnes qui ont eu le type de chirurgie que propose votre équipe de soins.
Effets secondaires@(headingTag)>
Les effets secondaires de la chirurgie dépendent surtout du type de chirurgie, de la taille et de l’emplacement de la tumeur, de la quantité de tissu enlevé et l’état de santé global de votre enfant. Avisez l’équipe de soins si votre enfant éprouve des effets secondaires que vous croyez liés à la chirurgie. Plus tôt vous signalez un problème, plus rapidement on pourra vous dire comment aider à le traiter.
La chirurgie du cancer des os chez l’enfant peut causer ces effets secondaires :
- douleur;
- infection de la plaie;
- saignements;
- séparation des bords de la plaie (les bords de la plaie ne restent pas collés l’un à l’autre);
- lésions des nerfs;
- enflure des membres;
- formation de tissu cicatriciel;
- douleur fantôme (si le membre a été amputé);
- absence de consolidation (guérison incorrecte) de l’os.
D’autres effets secondaires peuvent apparaître des mois ou des années à la suite du traitement du cancer des os chez l’enfant. On les appelle des effets tardifs. Apprenez-en davantage sur les effets tardifs des traitements du cancer des os chez l’enfant.
Apprenez-en davantage sur la chirurgie@(headingTag)>
Apprenez-en davantage sur la chirurgie et sur les effets secondaires de la chirurgie. Afin de prendre les bonnes décisions pour votre enfant, posez des questions sur la chirurgie à son équipe de soins.
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