Risques de mésothéliome

Dernière révision médicale :

Il y a des choses qui peuvent affecter le risque, ou la probabilité, d’avoir le cancer. Certains comportements, substances ou états peuvent faire augmenter ou diminuer le risque. La plupart des cancers sont attribuables à de nombreux risques. Mais le cancer apparaît parfois chez des personnes qui ne présentent aucun risque.

L’amiante est le plus important risque de mésothéliome. Ce type de cancer touche beaucoup plus souvent l’homme que la femme. C’est probablement parce que l’homme est plus susceptible d’être exposé à l’amiante au travail.

Les éléments qui suivent peuvent accroître votre risque de mésothéliome. Certains d’entre eux ne peuvent pas être changés. Mais dans d’autres cas, il y a des choses que vous pouvez faire pour réduire votre risque.

Amiante

L’amiante est le nom donné à un groupe de minéraux naturels. Il existe plusieurs types différents d’amiante, dont l’actinolite, l’amosite, l’anthophyllite, la crocidolite, la trémolite et le chrysotile.

Toutes les formes d’amiante causent le cancer, et le lien entre l’amiante et le mésothéliome est bien connu depuis de nombreuses années. On peut séparer l’amiante en longues fibres minces qui sont très fines. Ces fibres, si elles sont inhalées, peuvent atteindre les plus petites voies respiratoires des poumons ainsi que le mésothélium.

Quand les fibres entrent dans la partie du mésothélium qui se trouve à l’intérieur du thorax, soit la plèvre, elles peuvent finir par causer un mésothéliome pleural. Si elles sont expulsées par la toux puis avalées, les fibres d’amiante peuvent aussi s’infiltrer dans la partie du mésothéliome qui se trouve à l’intérieur de l’abdomen, soit le péritoine. Il s’agit de la cause la plus probable du mésothéliome péritonéal.

Autrefois, on avait recours à l’amiante pour fabriquer des produits résistants au feu. On l’a beaucoup utilisé dans les matériaux de construction et de nombreuses industries. Mais de nos jours au Canada, il n’est plus possible d’extraire l’amiante ni de fabriquer, d’importer, de vendre ou d’utiliser des produits contenant de l’amiante.

La plupart des personnes atteintes d’un mésothéliome ont déjà été exposées à l’amiante. L’exposition professionnelle à l’amiante est le facteur de risque le plus important et le plus courant du mésothéliome. Le risque est lié à la quantité d’amiante à laquelle vous avez été exposé et à la durée de l’exposition. Le mésothéliome est plus susceptible de se manifester chez une personne ayant été exposée à l’amiante lorsqu’elle était jeune, pendant une longue période et à une grande quantité.

Les personnes qui peuvent entrer en contact avec l’amiante au travail sont entre autres celles-ci :

  • travailleurs de mines ou d’usines de broyage d’amiante;
  • travailleurs de la construction, charpentiers et peintres;
  • pompiers;
  • travailleurs de chantiers navals;
  • travailleurs de cimenteries;
  • isolateurs;
  • électriciens;
  • travailleurs dans le domaine de la plomberie et du chauffage;
  • ouvriers en démolition;
  • travailleurs de l’industrie de l’automobile, dont les réparateurs de freins et d’embrayages;
  • personnes qui travaillent dans des bâtiments où l’amiante qui s’y trouvait a été déplacé lors de rénovations.

Les membres de la famille de ces travailleurs peuvent aussi être exposés à l’amiante par les fibres se trouvant sur leurs vêtements lors du retour à la maison. Les personnes qui habitaient près d’une usine ou d’une mine d’amiante ont aussi été exposées à l’amiante ou à la poussière d’amiante dans l’air.

Le mésothéliome apparaît de 15 à 40 ans après une exposition à l’amiante. Il est donc peu fréquent chez les personnes âgées de moins de 50 ans et son incidence augmente avec l’âge.

Érionite

L’érionite est une autre substance naturelle appartenant au groupe de minéraux appelés zéolites, qui s’apparentent chimiquement à l’amiante. L’érionite, tout comme l’amiante, est composé de longues fibres minces.

L’érionite est lié à l’apparition du mésothéliome pleural et du mésothéliome péritonéal.

On trouve souvent de l’érionite dans le sol de certaines régions de la Turquie, où il est utilisé dans des matériaux de construction. Le taux d’incidence du mésothéliome est donc élevé dans ces régions en raison de l’exposition à l’érionite.

Fluoro-édénite, une amphibole fibreuse

La fluoro-édénite, une amphibole fibreuse, est un minéral naturel qui est composé de longues fibres minces, tout comme l’amiante. On la trouve dans la lave qui coule sur les flancs des volcans, en particulier au mont Etna en Italie.

L’exposition à ce minéral fait augmenter le risque de mésothéliome.

Rayonnements ionisants

Les personnes qui ont reçu une radiothérapie au thorax ou à l’abdomen pour traiter un cancer, comme un lymphome, un cancer du sein ou un cancer du poumon, risquent davantage d’être atteintes d’un mésothéliome.

Le dioxyde de thorium (Thorotrast) est un produit de contraste radioactif qui était employé autrefois pour les examens d’imagerie. Les personnes à qui on a administré du dioxyde de thorium risquent davantage d’être atteintes d’un mésothéliome, qui peut apparaître des années après l’exposition. Puisqu’il a été prouvé que le dioxyde de thorium augmente le risque de certains cancers, ce produit n’est plus utilisé de nos jours.

Mutation du gène BAP1

Le gène BAP1 est aussi appelé gène de la protéine 1 associée à BRCA1. C’est un type de gène qui aide à contrôler la croissance cellulaire et qui peut limiter la croissance des cellules cancéreuses (gène suppresseur de tumeur). Une mutation rare du gène BAP1 peut faire augmenter le risque de mésothéliome et de mélanome de la peau et de l’œil. Les professionnels de la santé disent parfois des personnes ayant une mutation du gène BAP1 qu’elles ont le syndrome BAP1.

Les personnes qui sont exposées à l’amiante et dont le gène BAP1 est muté risquent encore plus d’être atteintes d’un mésothéliome.

Aucun lien avec le mésothéliome

Des preuves importantes ne révèlent aucun lien entre le mésothéliome et le tabagisme.

Comprendre votre risque de cancer

Afin de prendre les bonnes décisions pour vous, posez des questions sur les risques à votre équipe de soins. Renseignez-vous sur les façons de prévenir le cancer et de réduire votre risque.

Révision par les experts et références

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